L’éducation pour la santé, en tant que discipline, plonge ses racines dans les sciences du comportement, dans la santé publique et l’éducation. Elle peut être définie comme l'ensemble des expériences apprises ayant pour but de faciliter l’adoption de comportements et d’attitudes qui préservent et améliorent la santé des individus, des familles et des communautés. L’éducation pour la santé est un ensemble de programmes d’apprentissage, planifié et séquencé, basé sur les sciences cognitives et sur la théorie du changement comportemental. Elle suppose une interaction entre le formateur et l’apprenant, et se déroule dans une période et un lieu donnés. Les lieux potentiels sont nombreux et comprennent écoles, centres communautaires, hôpitaux, lieux de travail, maisons de retraites, cliniques, organisations internationales et pour la jeunesse, centres de santé, etc…
Une éducation pour la santé efficace peut permettre la diminution des maladies liées aux modes de vie et à des comportements qui auraient provoqué une mort prématurée ou à un handicap. Elle peut contribuer à une amélioration de l’état de santé et du bien-être des individus, des familles et des communautés, réduire le mal-être social, et a des bénéfices économiques évidents à court et long terme. Une éducation de qualité pour la santé peut réduire les disparités de santé et améliorer la santé et le bien-être des populations, qui souffrent de très mauvaises conditions de santé, qui sont sans commune mesure avec les autres couches de la population, par exemple faute d’accès aux soins.
Apprendre est un processus dynamique qui commence avec la motivation, mais nos valeurs, connaissances, attitudes et croyances facilitent l’apprentissage réel. Trois niveaux entrent en jeu : le domaine cognitif (acquérir des connaissances), le domaine affectif (acquérir ou modifier ses émotions, sentiments et attitudes), et le domaine psychomoteur (acquérir des compétences). Bien que le but global de la plupart des programmes d’éducation pour la santé soit un changement de comportement volontaire favorable à la santé, ces trois domaines sont TOUS importants. Par exemple, former des jeunes actifs sur les maladies ophtalmologiques peut s’étendre à des formations sur l’anatomie de l’œil, sur les blessures à l’œil liées à la pratique d’un sport, et sur la manière dont on peut les prévenir. Cependant, le but ultime pourrait être de faciliter le changement d’attitude (par exemple, porter une protection pour l’œil peut être « cool »), et le développement de compétence (par exemple, l’achat et le port correct d’une protection pour les yeux).
Le HBM est un modèle psychologique influent et très utilisé dans l’éducation pour la santé. Il postule que la probabilité qu’un individu adopte des comportements bénéfiques à sa santé est liée aux « croyances » générales de cet individu : comment il évalue son risque personnel à développer une maladie ou à être blessé, comment il juge la gravité de la menace de la maladie ou de la blessure, comment il interprète les signaux pour agir dans son environnement, et s'il pense que les bénéfices d’une action préventive surpassent les inconvénients. En résumé, ce modèle peut prédire la probabilité qu’un individu « agisse » pour prévenir une future maladie ou blessure. Le HBM a été appliqué à tous les types de comportements sur la santé.
EXEMPLE:
John est un homme âgé qui a récemment entendu parler de la rétinopathie diabétique par un message du service public à la télévision (signal pour agir). Il se souvient alors qu’un membre de sa famille souffre de cette maladie et pense qu’il s’agit d’un signe grave (perception de la gravité) si cette maladie n’est pas détectée à temps (perception de la gravité des conséquences). Il décide qu’il fait partie de la population à risque car il a plus de 60 ans, est diabétique et qu’il n’a pas subi d’examen de l’œil dans les dix dernières années (perception du risque). Il n’a pas d’assurance maladie suffisante ni de moyens de transports (obstacles perçus), il apprend par un ami l’existence d’un programme d’examen de l’œil dans sa communauté qui peut détecter les signes de la maladie à son premier stade (perception des bénéfices). Il décide de prendre rendez-vous le jour suivant et demande à son ami de le conduire.
Le modèle HBM s’avère très utile dans la planification des programmes d’éducation pour la santé. Les programmes qui travaillent sur la prise de conscience de la gravité de la maladie doivent également souligner la vulnérabilité personnelle. Les signaux pour agir peuvent comprendre des brochures, des posters, des vidéos, des messages du service public. Les programmes efficaces doivent également s’attaquer à touts les « obstacles » à l'action, notamment le transport, l'argent, la langue, etc..
L’auto-efficacité est l’un des plus importants déclencheurs des changements de comportement, elle prédit bien le comportement futur du malade, et a beaucoup d’autres implications importantes dans l’éducation pour la santé. Elle fait partie des concepts de la théorie sociale cognitive de Bandua. La théorie de l’auto-efficacité dit qu’un changement réussi de comportement a pour condition la conviction en sa propre capacité d'exercer un contrôle sur un comportement, ou d'apprendre un nouveau comportement. L’auto-efficacité se réfère au fait qu’une personne se sente « compétente » pour effectuer une tâche donnée. Ce sentiment provient de l'exécution d'un geste, de la persuasion verbale, et de l’état émotionnel du patient. Ressentir sa propre inefficacité est vu comme un « obstacle perçu » à se soigner.
EXEMPLE:
John a appris qu’il était au premier stade de la rétinopathie diabétique. On lui demande de contrôler précisément son taux de glucose dans le sang afin de prévenir l’aggravation de son état. John répond nerveusement à l’infirmière qu’il a essayé par le passé de tester son taux de sucre, mais qu’il n’avait pas réussi et qu’il avait abandonné. L’infirmière lui fournit un nouvel indicateur de glycémie et lui explique son utilisation. Elle demande alors à John de l’utiliser plusieurs fois en sa présence. Elle donne aussi à John des lancettes et des bandelettes dans un sac et lui dit où il pourra s’en procurer d’autres. John lui dit qu’il se sent maintenant prêt à tester lui même son taux de sucre dans le sang.
Avant de préparer un programme d’éducation pour la santé, une enquête doit être faite. Une enquête est un processus qui identifie les besoins d’une population ou d’un groupe cible avant toute exécution de programme. La population cible est une couche de la population à risques qui bénéficiera d’un programme d’éducation pour la santé. Par exemple, si vous menez un programme sur la rétinopathie diabétique, votre population cible pourrait être des adultes afro-américains à faible revenu avec un diabète de type II, dans votre communauté. L’enquête des besoins est importante, car elle vous guidera lors de la planification des programmes, à élaborer des support écrits, et à identifier les défaillances des services de santé. Une enquête peut être assez simple ou complexe, mais elle doit inclure au minimum des informations démographiques de base comme le statut socio-économique, l’âge, la culture, l’état de santé,… De telles informations peuvent être obtenues grâce aux données démographiques, les hôpitaux, les dossiers médicaux, etc..
Vous pouvez obtenir des données précieuses supplémentaires sur votre population cible grâce aux groupes témoins et aux questionnaires. Un groupe témoin est utilisé pour explorer des points de vues, préjugés et opinions de la population cible, c'est un bon outil. Les groupes témoins sont de petite taille, si possible entre huit et dix personnes, et doivent être représentatifs de la population cible. Une personne prend des notes, une autre pose es questions sur les opinions, les comportements, les connaissances et les points de vue.
EXEMPLE:
Avant de mettre en œuvre un programme d’éducation de la santé sur la rétinopathie diabétique dans un centre pour personnes âgées, un groupe témoin fut utilisé pour évaluer le degré de connaissance de la maladie, les actions de contrôle (surveiller étroitement son taux de sucre dans le sang, subir régulièrement des examens des yeux) et les préjugés concernant la maladie (peut-elle ou ne peut-elle pas être évitée). Grâce au groupe témoin, on a pu découvrir que la population ne connaissait pas bien la maladie et que les actions de prévention étaient inexistants. Un bon programme d’éducation pour la santé devrait souligner la gravité de la rétinopathie diabétique, ses conséquences, le lien avec le contrôle du taux de sucre dans le sang, ainsi que l’importance des dépistages préventifs et des examens.
Les enquêtes sont également des outils efficaces pour rassembler des informations sur la population cible. Des enquêtes écrites ne coûtent pas cher et peuvent être distribuées à un grand nombre de personnes. Elles ont cependant un faible taux de retour. Ces formulaires doivent être courts (trois pages maximum), écrits simplement et faciles à comprendre, avec des directives claires. On utilise généralement l’échelle dite de Likert. Les enquêtes envoyées par la poste ont souvent un faible taux de retour. Une lettre d’accompagnement informant le destinataire du but de l’enquête, un partenariat universitaire, une petite prime comme un billet d'un dollar dans l’enveloppe, ont systématiquement permis d'augmenter le taux de retour. Les enquêtes téléphoniques, bien qu’ayant un taux de réponse plus élevé que celles écrites, demandent plus de temps et sont moins précises.
Des interviews en tête-à-tête avec la population cible peuvent également fournir des informations subjectives importantes. Ils permettent d’obtenir une information plus complète que celle des enquêtes écrites, mais elles requièrent un enquêteur compétent qui rassemble et analyse les données qualitatives.
Après avoir rassemblé des informations sur la population cible, vous pourriez découvrir des besoins auxquels on ne répond pas. Hiérarchiser les besoins auxquels votre programme va répondre est très important pour le succès de votre opération. En premier lieu, attribuer un degré d’importance à chaque besoin, sur une échelle de un à dix, en fonction des retours de la population cible et des autres informations obtenues. Il faut choisir les besoins qui sont à la fois importants et qui auront le plus grand impact sur l’ensemble de la population.
EXEMPLE:
Votre évaluation des besoins démontre que la population cible des personnes âgées atteinte de diabète de type II manque d’information de base sur la rétinopathie diabétique. Vous découvrez également que de nombreuses personnes âgées ont de faibles revenus, peu d'instruction, ne bénéficient pas d’assurance maladie suffisante pour couvrir les coûts des examens des yeux, et recourent donc peu au dépistage. Vous décidez que trouver des ophtalmologistes qui peuvent fournir des dépistages gratuits ou à moindre coût est la première priorité. La deuxième priorité sera de viser les personnes à faible niveau d’instruction.
Une fois que les besoins ont été hiérarchisés, un programme doit être établi. Il inclut les buts et les objectifs, les ressources financières, la formation des intervenants, la manière dont le programme sera diffusé auprès de la population cible (prospectus, couverture médiatique, travail avec les professionnels de la santé, agences pour la santé, hôpitaux,…), les supports (supports écrits et audiovisuels), où et quand il aura lieu, le temps nécessaire, le nombre de participants, et son évaluation. Si un programme a lieu pour la première fois, un programme pilote peut être conduit. Un programme pilote est un programme appliqué à petite échelle à un petit nombre de personnes. Tout support écrit ou audiovisuel peut être testé dans le cadre du programme pilote. Il peut révéler des manques dans le programme et les supports qui peuvent être corrigés avant que l’ensemble du projet soit mis en place.
Déterminer les buts et les objectifs est un élément important du programme. Ils aident à planifier, sélectionner les méthodes et les supports, et contribuent à l’évaluation du programme. Déterminer le but d’un programme revient à faire une déclaration générale décrivant les buts à atteindre sans détailler les méthodes ou les services. Les objectifs détaillent les tâches à accomplir pour atteindre les buts. Les objectifs doivent être écrits avec des verbes à la voix active, et comporter des échéances. Les programmes comportent habituellement un ou deux buts et de nombreux objectifs.
Dans l'idéal, les objectifs s'adressent à tous les domaines de la connaissances : cognitif (acquisitions des connaissances), affectif (acquisition ou modification des émotions, sentiments, points de vue) et psychomoteur (acquisition des compétences).
EXEMPLE:
But du programme : le but de ce programme est de réduire la cécité due à la rétinopathie diabétique. Objectifs : à la fin du programme, l’apprenant devra :
La mise en œuvre de tout programme d’éducation pour la santé peut avoir lieu après enquête, planning soigneusement élaboré, et buts et objectifs définis. A ce stade, l’équipe et les volontaires doivent être formés et les lieux, équipements et supports doivent être trouvés. Cela implique la rédaction de contrats, décider des achats et élaborer les budgets. Une fois que le programme s’est déroulé il est très important de constater si les buts définis ont été atteints dans le temps imparti et si les budgets ont été respectés. Il faut également déterminer la manière dont le programme peut être amélioré.
L’évaluation est un élément crucial des programmes d’éducation pour la santé, mais elle est souvent négligée. L’évaluation doit faire partie du programme. Tous les aspects du programme doivent être évalués, pas seulement la planification ou les connaissances acquises. De telles informations peuvent être qualitatives (sous forme de données détaillées, par exemple les informations démographiques sur les apprenants, les comptes-rendus), ou quantitatives (nombre de questions auxquelles les participants ont répondu correctement). Quelles ont été les forces et les faiblesses de ce programme ? Est-ce que les formateurs ont été efficaces lors de leurs présentations ? Est-ce que la population cible a bien réagi aux méthodes du programme ? Est-ce qu’elle a bien compris les supports ? Quel est le pourcentage de la population cible qui a atteint les objectifs ? Est-ce que le programme a été respecté ?
De nombreuses méthodes d’évaluation peuvent être utilisées et peuvent inclurent des tests avant et après le programme, des enquêtes de satisfaction, des questionnaires, des marqueurs bio-médicaux (cholestérol, poids, taux de sucre dans le sang, tension artérielle), feuilles de présence, etc.. L’évaluation est importante pour déterminer le financement futur, le niveau de l’enseignement donné, prévoir les comportements futurs de la population et crédibiliser le programme.
Il existe de nombreuses méthodes. Une méthode est la manière dont vous allez présenter l’information. Les méthodes conduisent aussi à la manière dont l’information est reçue. Il est préférable d'utiliser de nombreuses méthodes dans un seul programme. La sélection de ces méthodes doit être basée sur le niveau de développement de l’audience cible, le niveau d’instruction, les contraintes de temps, le contexte culturel, etc… Il faut également prendre en compte les modèles de comportement et d’apprentissage. Exemples de méthodes : conférences, affiches, support audiovisuels et écrits, intervenants invités, présentations, discussions de groupes, débats, jeux, résolutions de problèmes, pièces, jeux de rôles et mise en pratique de compétences.
EXEMPLE:
Vous avez décidé que la meilleure méthode pour votre population cible composée de personnes âgées ayant une faibe instruction, sera un court film sur le test du taux de glucose dans le sang, suivi d'un exercice pratique puis de l'intervention d'un invité. Un ophtalmologiste fera un bref discours sur la gravité de la rétinopathie diabétique et sur l’importance de se faire examiner les yeux régulièrement. Des supports écrits seront également distribués pour renforcer les explications du film.
Des présentations efficaces comprennent l’utilisation des compétences qui DOIVENT être pratiquées. Un présentateur efficace doit être préparé, connaître la population cible (via l’évaluation des besoins), être compétent sur le sujet, être sincère, compatissant, et enthousiaste. Il doit être ponctuel et saluer tous les participants. Au début, il est nécessaire de « briser la glace », afin d’attirer l’attention des participants. Raconter une anecdote personnelle, demander à l’auditoire de poser des questions ou lui demander de répondre à un petit questionnaire. Le présentateur devra terminer dans les temps et efficacement, en résumant les différents points de la formation et en proposant un défi à relever (par exemple, prendre un rendez-vous pour un examen de l’œil en une semaine). Les questions et les évaluations à la fin de la réunion doivent se dérouler dans le temps imparti.
Un formateur efficace a un bon contact visuel, sourit souvent et se déplace librement tout en parlant. Lire les diapositives ou le texte peut susciter l’ennui de l’auditoire et donner l’impression que vous n’êtes pas préparé. Evites cela et préparez à l’avance un guide comprenant des grandes lignes de discussion ou des questions. Une liste d’information pour l’auditoire est toujours appréciée. Si vous utilisez une présentation Powerpoint, utilisez uniquement des diapositives avec des « puces » couvrant les points essentiels. Accentuer les mots et répéter les points importants sont d’excellentes manières de faire comprendre à l’auditoire qu’un mot ou une expression sont particulièrement importantes. Le volume de la voix peut être augmenté ou baissé. L’utilisation de tableau à feuilles ou de tableau noir peut être utile pour souligner certains points. Des fautes de grammaire ou un niveau de langage mal adapté peuvent créer une mauvaise image de l’animateur. Il ne doit jamais être assis lorsqu’il parle, ou se tenir constamment sur l’estrade. Pour finir, un animateur efficace est toujours conscient des signes verbaux de l’auditoire exprimant son ennui, son énervement, et réagit à l’expression des visages des participants. Il est capable de s’adapter et de répondre à leurs besoins.
Le travail de groupe peut être une méthode très efficace pour apprendre et développer ses compétences, si un animateur doué est présent. Par son aide et ses conseils, il permet au groupe de travailler, et aux participants à apprendre les uns des autres. Le travail de groupe peut être très pédagogique pour apprendre à gérer une maladie particulière, tout en offrant un environnement de confiance sur lequel les participants peuvent s’appuyer pour échanger leurs pensées, leurs sentiments, leurs déceptions et leurs succès.
Les stratégies de gestion de groupe sont toujours les mêmes. Rester neutre et permettre au groupe d’exécuter ses tâches est crucial. Cependant les animateurs ont un rôle plus actif si un problème survient, pour aider le groupe à voir ses succès et ses erreurs. Un animateur efficace a toujours le sens de l’humour et crée un climat d’inclusion. Il fait en sorte que les discussions soient menées et il établit les règles pour chaque membre du groupe au début de la session (par exemple, tout ce qui est dit est confidentiel, une seule personne parle à la fois).
Les programmes d’éducation pour la santé doivent utiliser une large gamme de supports écrits pour enrichir la présentation. Les plus utilisés sont les brochures, les journaux, les cartes, les affiches et les prospectus. Ils sont utiles pour communiquer des messages sur les maladies et les soins dans un format facile à emporter chez soi. Malheureusement, la plupart des supports sont mal écrits ou avec un registre de langage trop élevé. Gardez en tête que le niveau moyen de lecture aux Etats-Unis est de niveau 8 à 9, tandis que 20% de la population est au niveau 5 ou en dessous.
L’éducation pour la santé est un outil important de prévention des maladies, grâce à des interventions éducatives planifiées et séquentielles. Un programme efficace demande une bonne planification, incluant l’enquête sur les besoins, l’identification d’une population cible, un budget réaliste, des animateurs formés, et un plan avec des buts et des objectifs déterminés. Les principes, théories et modèles de changement de comportement, doivent être utilisés. La sélection et le développement des méthodes et supports doivent être pensés et déterminés par rapport aux besoins de la population cible. Pour finir, l’évaluation et l’ajustement constants des programmes est un composant crucial pour tout programme d‘éducation de la santé.
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